La méditation de la pleine conscience « Vipassana »

La tradition bouddhiste comprend deux techniques de méditation, le Zazen et Vipassana.

Zazen se réfère à la tradition chinoise et japonaise du Zen ou Chan. Vipassana appartient à la tradition indienne et tibétaine.

La différence essentielle entre ces deux manières de méditer réside dans le regard : dans le Zazen, le méditant garde les yeux ouverts et fixe un mur ou le sol devant lui, alors et que dans Vipassana les yeux sont fermés.

Zazen invite plus au vide mental, alors que Vipassana vise à l’observation de nos processus mentaux et des sensations dans notre corps pendant la méditation.

Vipassana se prête mieux à l’introspection mentale et physique du fait que les yeux sont fermés. Il est plus facile ainsi d’être attentif à ce qui se passe en nous, nos pensées, nos sensations physiques.

Dans le non-faire, dans l’observation passive et impartiale de nos processus mentaux, nous devenons le témoin neutre de nous-mêmes et de la vie.

Nous développons ainsi une capacité d’attention et de vigilance non-réactive d’où va naître et grandir ce que l’on appelle l’équanimité : une profonde acceptation de ce qui est.

En pratiquant l’Attention sans action ni réaction, nous accédons à une perception de la réalité imprégnée de paix et de sagesse qui ne sont pas empruntés à des dogmes et autres préceptes religieux, mais qui viennent du fond de nous-mêmes. Lorsque nous créons un espace vierge, sérénité et connaissance peuvent spontanément émerger et s’épanouir.

Nous touchons alors à ce que Shögyam Trungpa appelle notre “Bonté fondamentale”.

La respiration

vipassanaLe principe fondamental de la méditation est d’être ici et maintenant, dans une attention et une vigilance absolue à ce qui est à cet instant, dans l’immobilité et le silence.

Dans la méditation Vipassana nous utilisons l’attention à notre respiration comme point d’encrage dans le présent.

Revenir à la respiration permet de revenir au présent. Par cet acte simple, vous revenez à la réalité et vous redevenez conscient de ce qui se passe dans cet instant, de votre environnement, des sensations dans votre corps, des sentiments, des émotions peut-être présentes. Le flot de vos pensées est soudainement interrompu.

Les pensées se sont momentanément évanouies pour faire place à votre présence, ne serait ce que pour un court moment. Il n’est pas nécessaire de rester concentré sur votre respiration. Ce retour au présent est ce qui compte. Goûtez-le, savourez-le. Par la pratique ces instants vont revenir de plus en plus souvent, et se maintiendront plus longtemps.

Moins vous vous attacherez à vos pensées, quelles qu’elles soient, plus il vous sera facile de revenir au présent par le biais de votre respiration.

La posture

Dans la méditation Vipassana la posture est essentielle. C’est elle qui va soutenir et déterminer la qualité de notre méditation.

Etre capable de rester assis sur le sol, immobile, le dos droit représente souvent la première difficulté à surmonter pour les occidentaux habitués aux chaises et aux canapés. Il va donc falloir s’exercer avec persévérance pour retrouver notre capacité naturelle à être assis au sol. Mais grâce à la relaxation qui accompagne la méditation, il nous sera rapidement possible de rester confortablement assis pendant tout le temps de la méditation (environ 45 min.)

« Dans la pratique de la méditation, il est absolument essentiel d’avoir le dos droit. Se tenir droit n’est pas une posture artificielle, mais la position normale du corps humain.

C’est l’affaissement qui est anormal. Dans l’attitude avachie, on a du mal à respirer, un dos rond est signe qu’on est en train de céder à la névrose.

Par contre, en gardant le dos droit, on proclame à soi-même et au monde, son intention de devenir un guerrier, un être pleinement humain » (shögyam trungpa)

Par la posture nous affirmons notre détermination. Cette verticalité nous permet d’être alertes, vigilants, et favorise la libre circulation de l’énergie à travers tous nos centres énergétiques (chakras).